L'écriture savoureuse d'une grande amoureuse des mots, Colette, et un tiré à part des tulipes que Dufy peignit vers 1948 pour l'herbier : ce texte poétique aux accents virtuoses, qui se place entièrement sous le signe du plaisir et du don, est illustré par les œuvres de Raoul Dufy.
- Un album à la fabrication soignée conjuguant façonnage élégant et grande qualité de reproduction
- 1 tiré à part des tulipes que Dufy peignit vers 1948 pour l'herbier
- Ouvrage relié, couverture cartonnée pleine toile, marquage et vignette
- Grand in-quarto 33 x 25 cm
- 100 pages, 11 aquarelles pleine page et 14 dessins in-texte à la mine de plomb
"La rencontre entre Colette et Dufy était celle de sensibilités voisines. Souvent, dans les derniers temps, Colette me demanda à revoir cet ouvrage."
Maurice Goudeket (dernier époux de Colette), dans Près de Colette, Flammarion, p.247-248
Sommaire :
La Rose. Lys. Monologue du Gardénia. Orchidée. Moeurs de la Glycine. Tulipe. "Faust". Fétidité. Souci. Bleu. Le Lackee et le Pothos. Muguet. Camélia rouge. Jacinthe cultivée. Anémone. Broutilles. L'Adonide chez la concierge. Jeannettes. Médicinales. L'Arum pied-de-veau. Pavot. Ellébore.
Pour un herbier […] est le fruit d’une idée émise par Mermod, éditeur à Lausanne : ‘‘Je vous enverrai, dit-il, une ou deux fois par semaine, des fleurs pendant un an ou davantage. Lorsque cela vous chantera, vous tracerez le portrait d’une de ces fl eurs. Et puis nous ferons un petit volume.” C’était employer des façons de sirène, auxquelles Colette ne résista point. Elle n’avait pas jusqu’alors dans son labeur connu des voies si fl euries. Les bouquets étaient accueillis avec transport. Le petit livre, délicieux, refl ète l’euphorie qui l’a dicté. Plus tard Mermod en fi t une édition illustrée, dont il confi a les dessins à Raoul Dufy. La rencontre entre Colette et Dufy était celle de sensibilités voisines. Souvent, dans les derniers temps, Colette me demanda à revoir cet ouvrage.
Née à Saint-Sauveur-en-Puisaye, dans l’Yonne, Sidonie Gabrielle Colette (1873-1954) est l’une des plus célèbres femmes de lettres françaises. Portée par l’amour de la vie et la certitude de l’innocence du plaisir, l’œuvre de Colette s’est imposée par une fraîcheur et une sensibilité toujours en éveil, un mélange de sagesse et d’émerveillement – notamment devant la nature – rénovant la langue et imposant une voix féminine talentueuse dans une littérature o cielle dominée par les hommes.
Raoul Dufy (1877-1953) est un aquarelliste et dessinateur étonnamment suggestif. Ami de Marquet, admirateur de Matisse, il s’intéresse aux arts décoratifs – tissus, tentures, céramiques, décors – dès les années 1910 et atteint dans la décennie suivante son style pictural propre, tout en vivacité et concision, caractérisé par un graphisme libre et souple, des plages de couleurs claires, autonomes par rapport aux contours, et appliqué à des sujets gais et vivants tels les bords de mer, courses, villes, orchestres…