Christian Binet est bien connu pour ses Bidochon, mais il est aussi l’auteur, dans un registre plus grave, de L’Institution, album inspiré par sa scolarité dans des écoles religieuses, de Déconfiture au petit déjeuner ou encore de Monsieur le Ministre, critique cinglante de la vie politique. Au sujet de l’Art, avec un grand A, décidément, il a publié les deux tomes de Haut de gamme, sur le thème de la musique classique. Ces « journées au musée » sont le pont parfait entre ses différentes facettes d’auteur.
Patrick Ramade, conservateur en chef honoraire du patrimoine, est un spécialiste de la peinture française des XVIIe et XVIIIe siècles. Il a été conservateur au musée des Beaux-Arts de Rennes, puis directeur des musées des Beaux-Arts de Valenciennes et de Caen.
Pierre Lacôte a été médiateur-conférencier au musée d’Art contemporain. Il est aujourd’hui médiateur culturel au musée des Beaux-Arts de Lyon.
Face à l’Art, avec un A majuscule, monsieur et madame Bidochon n’ont peur de rien. Il faut dire qu’ils ont une certaine habitude de la chose artistique. Ce n’est pas la première fois qu’ils poussent la porte d’un musée. Si notre compte est bon, à en juger par le titre de l’album, c’est même la sixième. Depuis leurs premiers pas de critiques amateurs, ils ont eu le temps de s’habituer. Autrement dit, il ne faut pas leur faire prendre des vessies pour des lanternes, ni une pochade pour un chef-d’oeuvre. Bien sûr, certains lecteurs (atteints de snobisme, sans doute) pourront faire la fine bouche en découvrant leurs commentaires. Christian Binet a tout prévu : pour ceux qui trouveraient que les remarques de ses personnages manquent de consistance, il a fait appel à deux critiques – des vrais. L’un, Patrick Ramade, est conservateur en chef honoraire du patrimoine. L’autre, Pierre Lacôte, est médiateur culturel au musée des Beaux-Arts de Lyon. Ah, ça, ce n’est pas eux qui diraient, comme Raymonde Bidochon devant une scène de barricade peinte par Ernest Meissonier en 1848 : « Aujourd’hui on prend des selfies, ça va plus vite ! »