EDITO
De la reine d’Angleterre et de la famille royale, on ne connaît fréquemment que les éléments les plus médiatiques qui font le délice des magazines et des Télévisions, et que les foules suivent avec fascination souvent, avec agacement parfois, et peut-être même une pincée de voyeurisme. Alors, certes, cet intérêt sans cesse renouvelé pour les péripéties de la vie du Palais témoigne de la popularité de l’institution monarchique, non seulement au Royaume-Uni, mais aussi en Europe et ailleurs dans le monde. Mais il serait justement très réducteur d’appréhender ce composant clé de l’identité britannique sous le seul prisme des aventures familiales et sentimentales d’une jet-set nobiliaire très médiatisée. Le meilleur moyen d’éviter ce piège est probablement, par un retour sur la vie d’Elisabeth II, d’en discerner les constituants symboliques, historiques et politiques qui en font un personnage à dimensions multiples, bien plus secret que les grandes figures de son époque. Voilà un curieux paradoxe : chacun connaît la reine d’Angleterre, et pourtant tant d’éléments de son existence demeurent si mystérieux ! On le doit bien sûr, en premier lieu, à sa position protocolaire : au Royaume-Uni, le souverain est tout symboliquement, car en lui se personnifient la nation, la religion, l’armée et le peuple ; mais il n’est rien politiquement, car ce rôle d’incarnation a pour contrepartie sa totale neutralité, son absence même des grands débats de société. Alors toute l’oeuvre d’Elisabeth II, forte d’un des plus longs règnes de l’histoire européenne, a été de préserver autant que possible le caractère sacré de sa fonction, mais de savoir aussi rester en phase avec son époque. À travers son parcours, c’est le passage d’un siècle à l’autre que l’on peut suivre : elle a donné corps aux mutations d’un royaume qui, un temps maître du globe et de ses mers, a été à même de repenser sa place dans le monde tout en conservant les richesses culturelles héritées de sa longue histoire.
Aurélien Denizeau.
Au sommaire de cet ouvrage de 100 pages :
ELISABETH II, SEPT DÉCENNIES DE RÈGNE
LA MAISON WINDSOR
Née de l’union de la reine Victoria avec la maison de Saxe-Cobourg et Gotha, la dynastie Windsor a longuement souffert de ses origines germaniques. Si l’institution royale n’a à aucun moment été sérieusement menacée, elle a enduré un certain désamour, a été questionnée et parfois critiquée.
LA JEUNESSE D’ELISABETH
La principale originalité du destin d’Elisabeth se trouve dans son accession relativement inattendue au trône du Royaume-Un : c’est l’abdication rapide de son oncle Edouard qui permet à son père de devenir roi, en faisant dès lors la princesse héritière.
UN DÉBUT DE RÈGNE EN ÉTAT DE GRÂCE
Durant près d’un quart de siècle, Elisabeth II gagne une place enviable dans le coeur de ses sujet : accédant très jeune au trône, elle s’y distingue par une certaine ouverture à la modernité. Il faut alors gérer une famille royale qui se veut plus en phase avec son temps.
LES ANNÉES DIFFICILES
Après la période d’état de grâce, Elisabeth II doit faire face à des difficultés croissantes : aux problèmes politiques historiques s’ajoutent les crises qui frappent la famille royale.
FACE AU NOUVEAU MILLÉNAIRE
Elisabeth II détient le record du plus long règne de l’histoire. Au soir de sa vie, elle a consolidé sa position de symbole d’unité nationale pour un Royaume-Uni traversé par de nombreuses interrogations.