Ses gravures ont pour sujet privilégié certains aspects austères de sa terre natale, le Lévézou : mornes landes où un étang semble une lumière, pierres effondrées dans la désolation des ravins déserts, clochers perdus dans un crépuscule de rêve, humbles maisons du Rouergue. Il avait une prédilection marquée pour les figures d'arbres tourmentés, luttant contre les éléments. Ses estampes sont marquées d'une noirceur presque diabolique.
L'angoisse et l'obsession de la mort sont omniprésentes. Il y a dans sa manière une grande profondeur, de l'âpreté, et beaucoup de tristesse. La dimension fantastique et visionnaire de son oeuvre inscrit Viala dans la filiation des peintres-graveurs du xixe siècle qui, de Francisco de Goya à Odilon Redon, furent adeptes du pouvoir suggestif des noirs de l'encre.
• Biographie de l'auteur :
Jean Costecalde, collectionneur passionné devenu au fil du temps le meilleur connaisseur de l’œuvre de Viala, dévoué depuis de longues années à la cause de son compatriote aveyronnais, avait en main tous les atouts pour établir le catalogue raisonné, sésame indispensable à l’entrée des oubliés au panthéon artistique. Il fallait non seulement une bonne connaissance topographique du Rouergue et du Lévézou pour suivre les pas de Viala, mais plus encore une solide culture classique pour décrypter les multiples références mythologiques, bibliques ou littéraires qui émaillent l’œuvre, une ingéniosité patiente pour recomposer les séries, fusionner les titres changeants des œuvres, reconstituer les transformations successives d’une même matrice, et replacer des pièces rarement datées dans l’ordre chronologique. Une connaissance de la taille-douce et un œil affûté étaient également nécessaires pour appréhender les expérimentations techniques du graveur.
- Ouvrage coédité avec le musée Fenaille, Rodez