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Maîtriser les mélanges à l'aquarelle

De la couleur et de l’eau, n’est-ce pas enfantin ? Pourtant, la pratique de l’aquarelle ne saurait faire l’impasse sur une bonne connaissance des couleurs et de leurs caractéristiques, ce qui vous permettra notamment d’obtenir de beaux mélanges.  Et une bonne organisation de votre palette vous facilitera grandement la vie !

 3 règles essentielles

  • Règle n° 1 : se faire plaisir. Cherchez les sujets, les couleurs qui suscitent votre enthousiasme et votre excitation. Aucune méthode n’est critiquable en soi. C’est à chacun de trouver l’approche qui le rend heureux.

  • Règle n° 2 : garder Le cap. Tenez-vous-en à votre palette de départ. Si on a un doute, continuer comme convenu et peindre ensuite une deuxième œuvre dans une déclinaison différente. 
    Notre conseil : fermez les tubes non utilisés afin de ne pas être tenté d’aller chercher une autre couleur.
     
  • Règle n° 3 : savoir se limiter. Il vous faudra sans doute du temps avant de trouver les couleurs, le papier et les pinceaux qui vous conviennent, avec lesquels vous serez à l’aise dans votre pratique. Chacun peut se constituer sa palette personnelle avec ses teintes favorites. Mais de nombreux pédagogues conseillent de travailler avec 5 couleurs de base (jaune citron, orange transparent, or-vert, violet de pérylène, bleu outremer) auxquelles ils ajoutent au besoin une ou deux teintes selon le sujet. À partir de cette palette limitée, il est alors possible de mettre au point ses mélanges et, selon les proportions, d’obtenir une palette étendue de teintes. Toutes doivent être à base de pigments transparents afin d’obtenir de beaux mélanges.

 Voici maintenant 9 mélanges à réaliser à partir de 3 couleurs primaires

3 couleurs primaires aquarelle

 Si l’on veut faire une aquarelle sereinement et sans être angoissé par sa technicité, il est important de bien connaître ses couleurs et surtout de savoir les fabriquer avec une palette réduite. Fabriquer ses propres couleurs est un des premiers exercices à faire, car c’est un véritable handicap que de chercher ses couleurs quand on doit travailler rapidement sur un papier mouillé.

Pour cela, il suffit d’avoir les trois primaires (par exemple, suivant les marques : rouge alizarine, bleu de cobalt, jaune auréoline) et grâce à des mélanges adéquats on peut fabriquer toutes les teintes que l’on désire. Voici ci-dessous un récapitulatif des teintes les plus utilisées, à fabriquer à l’aide des trois primaires.

À noter

Le mélange des trois primaires vous donnera automatiquement des teintes neutres telles les gris, kaki, brun, beige, noir, etc. Voici ci-après les différentes proportions :

tableau de proportion des primaires









Trois autres mélanges faciles

Il y a d’infinies proportions possibles… Pour les trouver, voici une petite astuce : sur son pinceau humide, on prend en premier lieu la primaire de la proportion la plus importante, puis (sans rincer son pinceau) on prend la deuxième primaire de la proportion suivante pour former une couleur secondaire et ensuite on prend un soupçon de la troisième primaire pour arriver enfin à la couleur recherchée (c’est en fait l’utilisation des complémentaires).
mélange des couleurs aquarelle

 

Pour réaliser un gris : on commence par prendre du bleu (proportion  la plus importante : 7/10) puis on lui rajoute du rouge (2/10) pour former du parme (le parme contenant plus de bleu que de rouge) et ensuite on rajoute  un soupçon de jaune pour  arriver au gris.

Pour réaliser une couleur brique : si on a besoin d’une couleur brique pour des toits, on n’a pas forcément la bonne couleur dans sa palette. Dans ce cas, on commence par prendre du rouge (6/10) puis on lui ajoute du jaune (3/10) pour obtenir un vermillon (et non un orange qui lui est composé d’autant de rouge que de jaune), et en final on rajoute un soupçon de bleu qui va salir ce vermillon et vous obtiendrez la couleur brique.

Pour réaliser une couleur KaKi : autre exemple avec le kaki où l’on voit qu’il y a autant de bleu que de jaune (4/10) ; on arrive donc au vert et, dans ce vert, on ajoute un soupçon de rouge pour obtenir du kaki. Si l’on veut un kaki plus ou moins différent, il suffit de modifier le vert au départ en variant les proportions de bleu ou de jaune, auquel on rajoutera toujours un peu de rouge pour obtenir les divers kakis de la nature.

En résumé

Pour créer ses propres couleurs, il est plus pratique de toujours commencer par la primaire la plus importante, puis de fabriquer la secondaire qui en découle en rajoutant la deuxième primaire, et de finir par la troisième moins importante. Ainsi on gère mieux la fabrication de la couleur recherchée.

Bleu (7/10) + Rouge (2/10) = parme + Jaune (1/10) = gris

Rouge (7/10) + Bleu (2/10) = carmin + Jaune (1/10) = prune

Rouge (4/10) + Jaune (4/10) = orange + Bleu (2/10) = terre  de Sienne brûlée

 
Comment obtenir des couleurs vives

Devant la feuille blanche, le débutant a tendance à vouloir y aller « mollo ». Or, pour pouvoir être manipulé et contrôlé dans l’humide, le mélange coloré doit être à la fois bien dense et posé de manière généreuse. Inévitablement, la vue de cette flaque épaisse impressionne. SOLUTION. D’abord, bien se dire que la couleur s’atténue au séchage. Mieux vaut donc partir fort, notamment dans le fond pour que le sujet puisse bien ressortir au final. Question quantité, il faut se donner de la marge pour pouvoir jouer avec la couleur sur le papier. Or, plus le papier est mouillé, plus la couleur va se diffuser. Ce n’est qu’avec une « soupe bien épaisse » et un pinceau chargé en couleur qu’on va pouvoir la faire glisser et la diriger. Inutile d’avoir peur des erreurs : tant que le papier est mouillé, il est facile d’enlever la couleur au pinceau. Donc vous pouvez vous lâcher.

 Nos conseils

  • 1)   Habituez-vous à ne pas mélanger plus de trois couleurs dans un mélange : c’est une garantie de couleurs propres et transparentes.
  • 2)  Pour une couleur bien pigmentée, travaillez longtemps la texture de votre couleur sur la palette et attendez qu’elle soit bien crémeuse. Testez-la alors en laissant tomber une goutte du bout du pinceau : celle-ci doit s’égoutter très lentement.
  • 3)  Réduisez vos couleurs ! Attention, trop de couleurs nuisent à l’harmonie. Sachez qu’avec cinq ou six couleurs et leurs mélanges, on obtient une palette déjà conséquente. Plus, et c’est le bazar sur la feuille.
  • 4)  Ne vous sous-estimez pas. Et votre matériel non plus.  Ne vous cantonnez pas à la qualité étude pour commencer, mais choisissez plutôt la qualité « fine », grand public, qui vous permettra des résultats plus encourageants. 
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