Les mystères de l'épopée des templiers
« En 1120, à Jérusalem, dans des conditions encore mal précisées, est fondé le premier ordre religieux-militaire médiéval, l’ordre du Temple. Ses premiers adeptes se disent les pauperes commilitones Christi Templique Salomonici, soit les “pauvres compagnons de combat du Christ et du Temple de Salomon”. Ils obéissent à un maître, suivent une règle et s’engagent à défendre les pèlerins sur les routes qui conduisent à Jérusalem. L’Église romaine reconnaît la légitimité de leur expérience au début de 1129 : un concile réuni à Troyes sous la présidence d’un légat reconnaît leur règle. Peu de temps après, saint Bernard, qui a pris une part active à ce concile, écrit à leur intention le De laude novae militiae ou Éloge de la nouvelle chevalerie : il y justifie la mission de ceux qui sont à ses yeux à la fois moines et chevaliers. » Ainsi commence l’ouvrage phare d’Alain Demurger Moines et guerriers, les ordres religieux militaires au Moyen Âge (Seuil, 2010). Moines et soldats ; une incongruité dans un univers profondément chrétien qui va obliger à développer l’idée de l’autorisation de tuer non pas son prochain, mais celui qui préfigure le mal, la tâche théologique va ainsi être dévolue au clerc le plus influent de son temps, Bernard de Clairvaux alias saint Bernard. Mais curieusement, la thématique templière va progressivement s’extirper de l’histoire militaire du Moyen Âge, du champ théologique ou même judiciaire - à propos de son procès – pour irradier un autre domaine, celui de la franc-maçonnerie dite templière, ou des subcultures à vocation conspirationniste, c’est ce que dénonce Umberto Eco dans son magistral Pendule de Foucault : « Le fou, on le reconnaît tout de suite. C’est un stupide qui ne connaît pas les trucs. Le stupide, sa thèse, il cherche à la démontrer, il a une logique biscornue mais il en a une. Le fou par contre ne se soucie pas d’avoir une logique, il procède par court-circuit. Tout, pour lui, démontre tout. Le fou a une idée fixe, et tout ce qu’il trouve va pour la cormer. Le fou, on le reconnaît à la liberté qu’il prend par rapport au devoir de preuve, à sa disponibilité à trouver des illuminations. Et ça vous paraîtra bizarre, mais le fou, tôt ou tard, met les Templiers sur le tapis. – Toujours ? - Il y a aussi les fous sans Templiers, mais les fous à Templiers sont les plus insidieux. Au début vous ne les reconnaissez pas, ils ont l’air de parler normalement, et puis, tout à coup… » Bonne lecture, La Rédaction
Au programme :
L'épopée des chevaliers du temple
Moines et chevaliers, un mariage sulfureux !
Les templiers : combattants d'élite... ou fanatiques ?
Montgisard : le coup d'éclat des Croisés contre Saladin
Le krak des chevaliers : l'invincible forteresse des Croisées en Terre Sainte
Les templiers : victimes ou coupables ?
La malédiction des Templiers : anathème véridique ou manipulation de l'Histoire ?
Mythes et légendes autour de l'ordre du Temple
Le Templarisme et l'origine des néotempliers...